745 commits en trois mois : ce que l'historique dit de ma façon de construire avec l'IA
J'ai relu l'historique complet de mes treize dépôts, du premier commit au dernier. Ce qu'il révèle sur le no-code, les agents d'IA, les robots et les erreurs qui font avancer.
Un dépôt Git garde tout : chaque version, chaque retour en arrière, chaque nuit où l'on a renvoyé le même fichier dix fois. J'ai relu l'historique complet de mes treize dépôts, du premier commit (le 2 juillet, une page de confidentialité pour une extension Chrome) au dernier (le 30 septembre, une quatrième histoire pour Fable). 745 commits. Pas pour le plaisir des chiffres : pour comprendre, projet par projet, ce qui a amené chaque version à la suivante. Quelles idées ont tenu, lesquelles ont été abandonnées, et ce que l'IA a changé dans la manière de faire. Ce billet ouvre une série, le journal d'expérimentation : un ou plusieurs billets par projet, tirés de cet historique. Qui a écrit ces commits ? Cinq familles se dégagent : - 296 envois à la main, les fameux « Add files via upload » et « Update index.html ». Le code n'a pas été tapé dans un éditeur : il a été décrit à une IA, relu, essayé dans le navigateur, puis déposé sur GitHub par glisser-déposer. C'est ma définition pratique du no-code : non pas l'absence de code, mais l'absence de code écrit à la main. - 204 commits écrits par les applications elles-mêmes. AuraPlan enregistre son tableau dans GitHub, le site de mariage se republie tout seul, la console de Feed Me Odd consigne chaque décision de tri. Le dépôt devient une base de données gratuite. - 127 commits de robots. Des GitHub Actions qui moissonnent, écrivent, publient, pendant que je dors. Feed Me Odd et l'agrégateur d'offres en télétravail vivent de ça. - 80 messages rédigés : des versions numérotées, des correctifs nommés, des tests. - 38 commits signés par un agent d'IA, qui travaille directement dans le dépôt. Trois mois, trois façons de livrer Juillet (11 commits) : des pages de présentation et de confidentialité pour deux extensions Chrome. Le produit vivait ailleurs, le dépôt n'était qu'une vitrine. Août (251 commits) : l'ère du fichier unique. AuraPlan et le site de mariage sont des pages HTML qui grossissent envoi après envoi, jusqu'à plus de 300 Ko. On itère très vite, parfois dix fois dans la soirée. Et on casse : un soir, AuraPlan perd 40 % de son contenu d'un seul coup. Septembre (483 commits) : les versions ont un numéro, un journal des changements, des tests anti-régression. Les robots prennent le relais pour les tâches répétitives, et les agents d'IA écrivent des messages de commit qui expliquent enfin pourquoi. « Update index.html » devient « Corriger le volume iOS et l'audio en arrière-plan ». Ce que je retiens avant même d'entrer dans le détail 1. Le fichier unique est un formidable point de départ, et un piège au-delà d'une certaine taille. Quand on demande à une IA de réécrire tout un fichier de 100 Ko, elle simplifie en silence. 2. Numéroter les versions change tout. On sait ce qu'on annule, ce qu'on compare, ce qu'on teste. 3. Un retour arrière est une réussite. Plusieurs projets ont été sauvés par un « restaurer la version précédente » fait en quatre minutes. 4. L'IA amplifie aussi les mauvaises idées. Des noms qui gonflent (« Jira Enterprise », « Studio OS »), des fonctionnalités ajoutées puis retirées : la retenue reste un travail humain. 5. Le gratuit a des coûts cachés. Un quota de déploiements consommé en une journée, une photo enregistrée dans la page qui la fait passer à 840 Ko : chaque automatisation mérite la question « qu'est-ce qui déclenche quoi ? ». Les prochains billets reprennent chaque projet, du premier commit au dernier, avec ses réflexions, ses échecs et ce qu'ils ont appris. Tous les projets sont visibles et testables ici.